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Extraits, notes, articles et références en anthropologie et en anthropologie des sciences et des techniques.

11 octobre 2006

Bibliographie générale SAST

Cette première bibliographie générale a été constituée à partir des références recueillies ces deux dernières années. Elle n'est pas commentée ou classée par thèmes. Mais d'autres bibliographies viendront. Et certaines références seront commentées, présentées ou "mises en notes".

Note : Afin de rester plus proche de la SAST, on trouve ici très peu d'épistémologie et d'histoire des sciences.

Mots-clés : sociologie, anthropologie, ethnographie, sciences dures, technologie, technique, laboratoire.

 

Articles et ouvrages

 

Akrich, 1987, « Comment décrire les objets techniques ? » in « Techniques et cultures », 9, 49-64.

 

Albertini J. M. (dir), 1992, Nouvelles technologies, nouvelles connaissances, Ed. du programme Rhône Alpes de recherche en sciences humaines.

 

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Bensa, A. 1996, "A propos de la technologie culturelle: entretien avec Robert Cresswell", Genèses (Paris) 24, p. 120-136.

 

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Mumford L., 1950, Technique et civilisation  (Technics and Civilization , 1934), trad. D. Moutonnier, Paris.

 

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Pinch T. J., 1991, « L’anomalie des neutrinos solaires » in Latour B. & Callon M. (Dir.), 1991.

 

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Scardigli V., 1992, Le Sens de la technique, PUF, « Sociologie d’aujourd’hui ». Sur les enjeux socio-économiques de la technique.

 

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Scardigli V., Mercier P.A., Plassard F., 1984, La société digitale, Seuil, Paris.

 

Shin T. & Ragouet P., 2005, Controverses sur la science. Pour une sociologie transversaliste de l’activité scientifique, Raisons d’agir.

 

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Vinck D., 1995, Sociologie des sciences, Armand Colin, Paris. [Chap. 3 « La dimension sociale des contenus scientifiques »]

 

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Revues

 

- Sciences Humaines N° 59, Mars 1996, « Nouvelles technologies, mythes et réalités. »

 

- Sciences Humaines, N°67, Décembre 1996, « Nouveaux regards sur la science. »

 

- Sciences Humaines, Hors Série N° 23, « Anthropologie, nouveaux terrains, nouveaux objets. »

 

- Science et avenir, Hors Série N° 142 Avril/Mai 2005, « 10 brèves histoires de faits scientifiques. »

 

- Technique et culture, N° 23-24, Décembre/Janvier 1994, « Cultures de bêtes… Outils qui pensent. »

 

- « Le geste technique ». Bril B. & Roux V. (dir.), Erès, Toulouse, 2002. Réflexions méthodologiques et anthropologiques. Voir le Vol. XIV, N°2, 2002 : Technologie, idéologie, pratiques.

 

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07 octobre 2006

Le retour des zoos humains

Publié sur la Dolgorouki Inc. le 11 juin 2006

 

Zoos humains, le retour

Fin XIXème, les masses françaises, bourgeoises et plèbe mêlées, se précipitaient dans les « jardins d’acclimatation » pour satisfaire la curiosité compréhensible qu’elles avaient à l’endroit des peuples primitifs.

 

 

 

Un projet de France Télévisions retourne la géographie de ces tristes zoos humains. Les curieux ne se rendent plus dans les expositions parisiennes, auprès de Saartjie Baartman, la Vénus Hottentote, mais pourraient bien vouloir aller vivre une expérience parmi d’authentiques Zulu, Massaï ou Jivaro.



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Je vais crier (Aline pour qu’elle revienne) :

 

HONTE AUX ETHNOLOGUES QUI PARTICIPENT A UN TEL PROJET !

Etre formé à saisir la complexité de l’altérité culturelle et jeter des ethnotouristes chez les « vrais sauvages » est inacceptable.

 

Rétrograde, dégradant, désarmant, destructeur !

 

Le texte suivant circule sur le net. [J’en ai modifié quelques éléments]

 

Je vous conseille et vous invite, chers lecteurs furtifs, d’y jeter un œil avant d’envoyer un courriel désapprobateur et sans appel au PDG de France Télévisions.

 

 

Non au projet de télé réalité au cœur des Tribus !
Réagissons vivement en envoyant un courrier à France Télévisions !
 
Il semblerait que le monde des peuples autochtones et des dernières tribus soit de plus en plus à la mode et aux goûts du jour. La dernière trouvaille en date des décideurs qui font et défont le monde du PAF (Paysage Audiovisuel Français) n’est autre que la commande par France Télévisions d’un reality show au cœur des dernières tribus !
 
France Télévisions vient en effet de charger une société de production française, filiale du groupe Endemol, de monter pour France 2 9 émissions de 90 minutes chacune destinées au prime time et qui mettront en scène un casting de 6 à 9 candidats lancés à l’aventure au cœur des tribus.
Ils auront à vivre pendant huit jours la vie tribale des Hadzabé, celle des Miao de Chine, des cavaliers mongols, etc., et seront jugés par un ethnologue référent et par les chefs des villages ! Koh Lanta chez les tribus ! On imagine déjà nos apprentis explorateurs s’essayer aux mets les plus surprenants, se vêtir de turbans ou de caches sexes, se faire tatouer, ou singer les rites et les traditions les plus sacrés…
 
Le tournage est prévu pour l’été 2006 et la diffusion à partir de septembre. Voilà de quoi donner bien des idées à nos ethnotouristes en herbe et encourager au final, une clientèle de masse providentielle pour les professionnels de l’ethnotourisme. L’exploitation des derniers peuples sages de la planète atteint ici des sommets affligeants.
 
ICRA International a décidé de réagir très vite pour tenter de stopper la production de cette série d’émissions en lançant une pétition téléchargeable ci-dessous que nous vous demandons de signer et de faire signer par le plus grand nombre de personnes autour de vous et que nous enverrons au CSA ainsi qu’au Président directeur Général de France Télévision, Patrick de Carolis.

Envoyez un courrier de protestation à la direction de France 2
 
Copiez dans vos boîtes mail les adresses suivantes pour envoyer un courrier de protestation à M. de Carolis, PDG de France Télévisions ainsi qu'à la médiatrice de France 2. Une copie de votre mail sera envoyée à ICRA International afin d'évaluer le succès de la campagne


p.decarolis@francetv.fr

mediateurinfo@france2.fr

bau@icrainternational.org


Copiez et renseignez le message ci-dessous


Nom, prénom :
Adresse :
Code postal, localité
Pays :

Profession :

Monsieur le Président Directeur Général,
 
Je viens d’apprendre que France Télévisions a commandé pour la chaîne France 2 à la maison de production Extra Box, filiale du groupe Endemol, une série de 9 émissions de télé réalité mettant en scène un casting de 6 à 9 candidats lancés à l’aventure au cœur des tribus les plus isolées de la planète.
 
Ce type d’émission ne peut que nuire gravement à l’intégrité et à la dignité de plusieurs de ces communautés qui sont déjà considérablement précarisées et menacées. Ces émissions ne manqueront pas également d’entraîner le développement d’un ethnotourisme de masse au sein des communautés autochtones les plus fragilisées de la planète.
 
Je demande au Directeur de France Télévisions, M. Patrick de Carolis, de bien vouloir procéder au retrait de ce projet indigne d’une chaîne publique nationale et qui menace l’intégrité morale et spirituelle des communautés autochtones concernées par ce projet.


   

                    22:55                                             Publié dans                                                    Dolgorouki Productions                             ,                                                     Idiosyncrasie du moment                             ,                                                     L'anthropologie et ses cousin(e)s                             ,                                                     Un autre monde est possible, enfin, faut espérer                                                      |                                         Lien permanent                                         | Commentaires (0)                                                             | Trackbacks (0)                     | Envoyer cette note

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06 octobre 2006

Un hoax en ethnologie

Publié sur la Dolgorouki Inc. le 12 juillet 2006

Un hoax en ethnologie

Vous pouvez aussi lire cet article (PDF) chez les excellents activateurs de la revue Multitudes.

MULTITUDES N°25 [ONLINE] | ACTIVISTES DU HOAX | ETE 2006

ACTIVISTES D

medium_bustemouette.JPG

U HOAX

Multitudes n°25 [online]

ALYKHANHTHI LYNHIAVU

Nacirema : histoire d’un hoax

en ethnologie

En 1956, un professeur d’anthropologie, Horace Miner

 

(1912-1993), publiait dans la prestigieuse revue spécialisée

 

American Anthropology un article fort court mais désormais

 

célèbre « Body Rituals Among the Nacirema ». Les Nacirema en

 

question « sont un groupe nord-américain vivant dans une aire

 

culturelle comprise entre les Indiens Cree du Canada, les Yaqui

 

et les Tahahumare du Mexique, et les Carib et les Arawak des

 

Antilles. Bien que l’on en sache peu sur leurs origines, leur

 

tradition indique qu’ils viennent de l’Est... » (H. Miner).

 

Les Américains, car il s’agit d’eux – Nacirema se lisant

 

American à l’envers – y étaient dépeints de manière arbitraire et

 

farfelue, de la façon dont certains ethnologues représentaient

 

d’autres sociétés, avec une morgue pseudo-scientifique

 

qu’égalait leur méconnaissance des cultures observées.

 

S’amusant aux dépens de ses collègues et compatriotes, H.

 

Miner dénonçait par l’absurde l’ethnocentrisme qui prévalait

 

dans les études ethnologiques et le goût pour le

 

sensationnalisme du lectorat : « (...) les pratiques magiques et

 

les croyances des Nacirema présentent des aspects si peu

 

communs qu’il semble souhaitable de les inscrire parmi les

 

comportements extrêmes dont l’humain est capable » (H.


Miner). Dans le texte, le travestissement des pratiques

 

culturelles courantes de l’American way of life permettait de

 

penser qu’on observait les « rituels » sacrés et sacrificiels d’une

 

population exotique. Tout laissait croire, malgré l’aspect

 

parodique à peine masqué de l’article et l’usage d’anagrammes

 

presque transparents (Nacirema/American et

 

Latipso/(H)ospital), qu’il y avait là une peuplade primitive, à tout

 

le moins aussi exotique que pouvaient être dans l’esprit de

 

l’Américain moyen les Cree, Yaqui et autres minorités

 

autochtones.

 

Dans cet entraînement d’écriture et de pensée que voulait

 

H. Miner, des gestes anodins étaient l’objet d’une dénaturation

 

systématique dans les commentaires et le vocabulaire avait subi

 

un traitement visant à transformer le profane en sacré, ceci

 

permettant d’élaborer des interprétations magico-religieuses. La

 

salle de bains était autant un lieu de culte qu’un autel – comme

 

le lavabo, son miroir et son armoire à pharmacie –, la toilette

 

matinale était devenue une ablution, et l’enseignement de la

 

propreté aux enfants s’était mué en une parole initiatrice des

 

mystères.

 

« La croyance fondamentale qui sous-tend tout le système

 

est que le corps humain est laid et que sa tendance naturelle

 

est à la débilité et à la maladie. Incarcéré dans un tel corps, le

 

seul espoir de l’homme est de prévenir ces caractéristiques par

 

l’usage du rituel et de la cérémonie. Chaque maisonnée

 

possède un ou plusieurs autels consacrés à cet usage. Les

 

individus les plus puissants en possèdent plusieurs et, en fait,

 

l’opulence d’une maisonnée est souvent signalée par le nombre

 

de ces centres rituels (...). Tandis que chaque famille possède

 

au moins un autel, les rituels qui y sont associés ne sont pas

 

des cérémonies familiales, mais sont privées et secrètes. Les

 

rites sont discutés avec les enfants seulement, et uniquement

 

durant la période d’initiation à ces mystères. J’ai été capable,

 

cependant, d’établir des relations assez satisfaisantes avec les

 

natifs pour pouvoir examiner ces autels et pour me faire décrire

 

les rituels. Le point focal de cet autel est une boîte ou un coffre

 

construit dans le mur. Dans ce coffre sont gardées plusieurs

potions magiques et amulettes sans lesquelles aucun natif ne

croit pouvoir vivre. Ces préparations sont fournies par divers

 

practiciens spécialisés. » (H. Miner)

 

Plein de forfanterie, H. Miner prétendait qu’il était possible

 

de retracer le système idéologique des Nacirema à partir d’une

 

topographie des rituels corporels. Dans une conception

 

psychologisante de la culture et en s’appuyant sur des travaux

 

d’un soi-disant illustre prédécesseur, il cherchait à faire

 

admettre que la dyade sado-masochiste était l’idée centrale

 

autour de laquelle s’agençaient les rituels des Nacirema. Pour

 

l’observateur extérieur qu’il prétendait être, le rasage – et sans

 

que ce mot soit jamais mentionné – se résumait en un geste

 

d’automutilation, de raclage et de lacération du visage, à l’égal

 

des pratiques de scarification notées ailleurs.

 

« Si ceci peut être confirmé, un schéma très intéressant

 

émerge, selon lequel une bonne partie de la population

 

présente des tendances masochistes déterminées. Le

 

Professeur Linton y faisait référence quand il discutait d’un

 

moment particulier du rituel corporel quotidien accompli

 

uniquement par les hommes. Cette partie du rite inclut le

 

grattage et la lacération de la surface du visage à l’aide d’un

 

instrument tranchant. Des rites féminins spéciaux sont

 

accomplis quatre fois durant chaque mois lunaire, mais le

 

barbarisme supplée à la faible fréquence des pratiques. Dans

 

ce cadre cérémoniel, les femmes cuisent leurs têtes dans des

 

petits fours pendant près d’une heure. Théoriquement, le point

 

intéressant est qu’il semble que cette population à

 

prépondérance masochiste ait permis l’émergence de

 

spécialistes sadiques. »

 

Ces spécialistes sont en premier lieu l’homme-médecine

 

(le médecin) et l’homme-bouche-sacrée (le dentiste).

 

« Le plus puissant de tous est l’homme médecine, dont

 

l’aide doit être récompensée par des offrandes substantielles.

 

Cependant, l’homme-médecine ne procure pas lui-même les

 

potions curatives à ses clients, mais il décide des ingrédients

 

qui doivent être utilisés, puis les écrit dans un langage ancien et

secret. Ce langage n’est compris que de l’homme-médecine et

de l’herboriste qui, contre une autre offrande, procure le philtre

 

requis ».

 

« Dans la hiérarchie des praticiens de la magie, et un peu

 

moins prestigieux que l’homme-médecine, se trouve le

 

spécialiste dont l’appellation est mieux traduite par l’hommebouche-

 

sacrée. Les Nacirema ont une horreur pathologique et

 

une fascination pour la bouche, dont l’état, croient-ils, a une

 

influence surnaturelle sur toutes les relations sociales. Sans les

 

rituels de la bouche, ils imaginent que leurs dents tomberont,

 

que leurs gencives saigneront, que leur mâchoire se

 

contractera, que leurs amis les abandonneront et que leurs

 

amants les rejetteront. » (H. Miner)

 

Pour en revenir à l’hypothèse de la dyade sado-maso au

 

fondement de la culture Nacirema, il n’est que d’observer, selon

 

H. Miner, la lueur dans les yeux de l’homme-bouche-sacrée,

 

tandis qu’il pique et perce un nerf à vif, pour suspecter une

 

dose de sadisme. Les rituels de torture, par ailleurs, sont

 

nombreux : l’utilisation d’instruments variés dans l’exorcisme

 

des esprits malins de la bouche implique une torture inouïe du

 

client... Dans le latipso, qui semble être un mouroir plutôt qu’un

 

lieu de guérison, la torture se poursuit sans que les Nacirema

 

cherchent à s’y soustraire. Ils s’y soumettent bien volontiers,

 

pour autant qu’ils possèdent les moyens matériels permettant

 

d’accéder à ce temple. Les officiants sont un thaumaturge et un

 

groupe de vestales vêtues d’un costume et d’une coiffe

 

distinctifs.

 

Dans ce canular qui dénonçait le refus de la diversité

 

culturelle dans la démarche anthropologique et qui berna la

 

fameuse revue American Anthropology, on ne sait précisément

 

ni quand ni comment ni par qui l’imposture fut finalement

 

révélée. En revanche, le hoax Nacirema eut et a encore

 

aujourd’hui de nombreuses « suites ». Le texte constitue une

 

référence sérieuse pour ceux qui étudient le rapport des

 

individus et des sociétés au corps (dont le body piercing).

 

Surtout, nombre de chercheurs facétieux ont prolongé cette

« étude » et toute une littérature sur le mode parodique s’est

développée en convoquant les Nacirema dans le but de

 

poursuivre la critique des excès de la société américaine. Dans

 

son exemplarité, « Body Rituals Among the Nacirema » est un

 

appel à la prudence dans les méthodes de recherche. Il

 

souligne l’importance d’une connaissance du contexte et met

 

en garde contre les généralisations hâtives ou les abus de

 

l’argument d’autorité.

                    20:29                                             Publié dans                                                    L'anthropologie et ses cousin(e)s                                                      |                                         Lien permanent                                         | Commentaires (12)                                                             | Trackbacks (0)                     | Envoyer cette note

   

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Le corbeau produit ses lettres avec une machine qui marque plus fortement les voyelles accentuées, trouvez cette machine, vous trouverez le corbeau!

Ecrit par : solita | 14 juillet 2006

   

moi-même ne suis point capable de l'expliquer...

Mais vivement que je lise cet article !

Ecrit par : Dolgo | 14 juillet 2006

   

C'est le mythe de Boronali :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Boronali
version ethno...

Ecrit par : Le garde-mots | 16 juillet 2006

   

j'adore ces gens qui contournent les règles sans que personne ne s'en rende compte. c'est révélateur du conformisme, ça le remets en cause avec humour et finesse.

merci pour boronali

Ecrit par : Dolgo | 16 juillet 2006

   

J'ai un mal fou à te lire ici ... chaque fois que j'arrive sur ton blog, Firefox plante ...
et ça m'agace grave, d'autant que je ne comprend pas pourquoi.
Et quand je passe par explorer, la police est bizarre ... franchement bizarre

Ecrit par : pkdille | 18 juillet 2006

   

oulalala. Qu'est-ce que cette histoire ? T'as le haut débit ? pasque j'ai des scripts (enfin je crois que c'est ça) qui permettent de lire de la musique et des vidéos google. Donc, c'est un peu plus lent à charger.

T'es la première à me dire ça... Et y'a qu'ici qui plante, ton mozarella firefox?

Ecrit par : Dolgo | 19 juillet 2006

   

Les Nacirema « sont un groupe nord-américain vivant dans une aire culturelle comprise entre les Indiens Cree du Canada, les Yaqui et les Tahahumare du Mexique, et les Carib et les Arawak des Antilles. Bien que l’on en sache peu sur leurs origines, leur
tradition indique qu’ils viennent de l’Est... » (H. Miner).

Et là, y a personne qu'essaye d'imaginer où peut se trouver un peuple amérindien qui habite entre le canada, le mexique des yaquis et autres tarahumaras, et les Antilles. Tiens, il habite aux Etats-Unis; les américanistes sont-ils si nuls ou personne n'a lu l'article parce que personne n'a jamais cherché le mot-clef (sur fichier cartonné alors) "Nacirema" parce qu'il n'existait aucun spécialiste des Nacimera...

Malgré cela, le thème choisi des rituels du corps illustre ou plutôt illumine toute la difficulté qu'il y a à saisir les "significations" développées dans les activités quotidiennes, à les différencier d'activités spéciales, et c'est un problème que posait déjà Mauss dans ses recherches sur le sacrifice...

Bref, il faut que je trouve cet article, ne serait-ce qu'à Québec dans quelques mois...

Ecrit par : Naarjuk | 20 juillet 2006

   

pas si dur à trouver l'article, je lis ça sous peu...

Mais tout de même, les gens de multitudes font une faute bête, il s'agit bien sûr de la prestigieuse revue "Amercian Anthropologist"...

Ecrit par : Naarjuk | 20 juillet 2006

   

Merci de ces critiques. Il est vrai que c'est à se demander ce qu'on fabriqué les ethnologues lorsque cet article est sorti : géographiquement farfelu... groupe humain inconnu...exagérations volontaires...

Bien d'accord avec toi et Mauss : trouver le spécial dans ce que l'on croit ordinaire. Plus facile à dire qu'à faire.

Enfin, si je te comprends, tu voudrais trouver l'article de Miner ?
Et c'est chose faite :)
Multitudes n'a pas dû juger important de citer cette source pourtant principale.

je file lire tes commentaires sur le paradoxe EPR.

Ecrit par : Dolgo | 22 juillet 2006

   

l'article de Miner n'apparait pas dans la bibliographie de l'article mais peut être dans celle du N° de Multitudes.

Mais dès la 3eme ligne on sait que ça a été publié dans 'American Anthropologist'

Ecrit par : Dolgo | 22 juillet 2006

   

Excellent ce canular. Je ne connaissais pas mais c'est le genre de chose qui m'enchante. Cela permet de garder la distance et l'oeil critique sur nos pratiques soit disant rationelles et scientifiques.

Ecrit par : Joël | 22 juillet 2006

   

oui, comique et critique. je vais chercher une histoire des canulars, ce doit être intéressant.

Ecrit par : Dolgo | 22 juillet 2006

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05 octobre 2006

Le paradoxe EPR

Publié sur la Dolgorouki Inc. le 20 juillet 2006

Le paradoxe EPR

Le paradoxe EPR ou comment un problème de physique résonne avec un paradoxe de l'anthropologie.

 

Explication

Comment ceci serait si je n'était pas là ?

Autrement dit : quelle influence ma présence a t'elle sur une situation sociale? Puisque j'observe in situ et ne peux faire autrement dois-je faire fi de mon influence sur l'objet ? Ou dois-je, dans un effort réflexif, analyser les effets de ma présence ?

medium_monster3.2.jpg

 

Le paradoxe EPR

La dualité onde-particule n'est pas un problème en soi. Elle met simplement en évidence le fait que les particules élémentaires ne se comportent pas comme les objets de la vie quotidienne et que nos concepts familiers sont inadéquats pour décrire le monde microscopique. Des difficultés plus sérieuses se posent lorsqu'on considère certaines des conséquences de l'indéterminisme. C'est en particulier le cas du paradoxe EPR, basé sur une expérience proposée en 1935 par Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen, dans le but de mettre en évidence des contradictions supposées de la mécanique quantique.

Le paradoxe

L'expérience est la suivante. Imaginons un laboratoire tapissé de détecteur de photons. Au milieu de la pièce, plaçons un atome stimulé de façon telle qu'il émette simultanément deux photons après un certain laps de temps. Pour des raisons de symétrie, ces deux photons doivent se déplacer dans des directions exactement opposées. C'est bien ce que l'on observe : lorsque l'un détecteur indique la capture d'un photon, le détecteur placé du coté opposé fait de même.

Jusqu'ici, pas de problème. Mais analysons la situation du point de vue de la mécanique quantique. Selon cette dernière, les photons n'ont pas de direction particulière avant d'être détectés, tout comme un électron n'a pas de position précise. Ainsi, toutes les directions ont une probabilité d'émission identique, du moins tant que nous n'observons pas les particules. Ce n'est que lorsque nos détecteurs capturent l'un des photons que le choix d'une direction se produit.

C'est là le problème. Le premier photon ne se voit affecté d'une direction particulière qu'au moment où nous le capturons. Et de même pour le deuxième photon. Pourtant, lorsqu'elles sont détectées, les deux particules se trouvent dans des directions exactement opposées. Comment les deux photons peuvent-ils apparaître simultanément aux extrémités opposées de la pièce s'ils n'ont pas échangé d'information au départ ?

Remarquons que la taille du laboratoire est sans importance. Si nous plaçons nos détecteurs aux quatre coins du Groupe Local, le résultat sera identique. Les deux photons, même séparés par des millions d'années-lumière, seront détectés au même moment dans des directions exactement opposées, bien qu'ils ne savaient pas où ils allaient avant d'être observés.

Pour Einstein et ses deux confrères, un tel paradoxe montrait que la mécanique quantique n'était pas une description satisfaisante de la réalité. La situation resta confuse jusqu'en 1982, lorsque le physicien français Alain Aspect montra que la mécanique quantique avait bel et bien raison.

Alain Aspect réalisa une expérience similaire à la précédente et fut en mesure de prouver que les photons se comportaient exactement comme la mécanique quantique le prédisait. Ils n'échangeaient aucune information au départ et n'apprenaient leur direction qu'au moment de la capture. Ce qui ne les empêchait pas d'apparaître finalement dans des directions exactement opposées. La situation était donc véritablement paradoxale, elle n'était pas liée à une faille de la mécanique quantique.

La non-séparabilité

Pour essayer d'expliquer le paradoxe EPR, il nous faut remettre en cause la vision classique du monde microscopique. En effet, la situation pose problème car nous considérons les deux photons comme des entités distinctes possédant des propriétés locales. Par contre, le paradoxe n'en est plus un si nous considérons que les deux particules forment un système avec des propriétés globales non localisées dans l'un ou l'autre des photons.

Dans cette interprétation, les deux photons, même séparés par des millions d'années-lumière, sont en contact permanent. Ils n'ont pas besoin d'échanger d'information à l'aide d'un moyen classique limité par la vitesse de la lumière. Lorsque l'un est détecté, l'autre le sait de façon instantanée. Les deux particules peuvent donc apparaître dans des directions opposées sans s'être consultées au préalable. Le paradoxe EPR nous oblige ainsi à introduire un nouveau concept, celui de non-séparabilité. Les particules ne peuvent pas toujours être décrites comme des entités totalement indépendantes, mais doivent parfois être considérées comme de simples éléments d'un tout.

© Texte Olivier Esslinger 2003-2006

Reproduction du texte à fins non commerciales autorisée moyennant mention de la source

 

                    19:31                                             Publié dans                                                    L'anthropologie et ses cousin(e)s                                                      |                                         Lien permanent                                         | Commentaires (15)                                                             | Trackbacks (0)                     | Envoyer cette note

   

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Commentaires

   

Bon.

Mon explication au dessus de l'image n'a rien à voir avec l'article mais laissons courir. J'ai tout mélangé. Je chercherais un article qui correspond à mes questions...

Ecrit par : Dolgo | 20 juillet 2006

   

http://www.revue-texto.net/Inedits/Gadet_Principes.html#1.1.


1.1.  Le paradoxe de l'observateur

La linguistique dispose d'une tradition d'étude de terrain, surtout dans sa version américaine (Samarin 1967), mais celle-ci est restée dépendante de conceptions théoriques et d'objectifs d'analyse de langues non encore décrites (structuralisme américain). Les objectifs des sociolinguistes étant différents, ce sont des modèles issus des sciences sociales [3] qui ont été décisifs pour leurs options d'enquête.

La sociolinguistique naissante des années 60 s'est trouvée fortement influencée par les réflexions sur les méthodes initiées par Labov, et la plupart des sociolinguistes adopteront les orientations posées dans le “ paradoxe de l'observateur ”, dont il a été le promoteur constant :

“ To obtain the data most important for linguistic theory, we have to observe how people speak when they are not being observed ” (Labov 1973, p. 113).

Quelle que soit leur pratique effective, cette référence demeure omni-présente chez eux aujourd'hui, comme l’atteste par exemple la présence d'une entrée “ paradoxe de l'observateur ” dans le dictionnaire de sociolinguistique de Moreau 1997, ou cette citation d'un travail récent, parmi beaucoup d'autres que l'on aurait pu citer ici :

“ Considerable care was taken to avoid the dangers of the 'observer's paradox', i.e. the fact that the presence of the observer may destroy the phenomenon that s/he is observing “ (Pooley 1996, p. 80).

Il n'est ainsi pas exagéré de dire que c'est la réflexion autour du paradoxe de l'observateur, et de la problématique souvent considérée comme purement technique de son “ dépassement ”, qui a constitué le moteur des réflexions méthodologiques en sociolinguistique. En effet, si la présence de l'observateur est regardée comme un handicap, il va falloir s'efforcer de le marginaliser en tant que participant à l'échange de paroles. Les initiatives méthodologiques concernent donc toutes les places que peut occuper un acteur social dans la structure de participation à l'échange verbal décrite par Goffman 1979, dans un article précurseur où il décompose les différentes positions que les acteurs peuvent occuper [4]. L’observateur ne saurait être le locuteur (le sociolinguiste ne peut qu'occasionnellement s'observer lui-même) ; il ne faut pas qu'il soit l'interlocuteur (critique des différentes formes d'interview) ; il ne faut pas qu'il soit le destinataire principal ; et il faut même le marginaliser en tant que participant occasionnel.

Ecrit par : Dolgo | 20 juillet 2006

   

http://vincent.smithware.ca/index.php?article=accueil08


Observation et perturbation, parole et enregistrement

Une explication à la fois souriante et pertinente du « paradoxe de l'observateur » tel que popularisé par LABOV (1972, 1976) nous est fournie par NADEAU (2002). Relatant les mésaventures anthropologiques d'un Québécois en Vieille–France, NADEAU (2004 : 172) explique que :

« J'avais un prof de chimie dont j'oublie le nom et qui disait : "Observer c'est perturber". Il voulait dire par là que toute tentative de mesure précise ou d'observation agit sur l'objet mesuré. Avec les humains, c'est encore pire : le seul fait de poser une question, comme ça, pour s'informer suffit à provoquer une réaction sans rapport avec la question. Essayez donc, rien qu'un peu, de rentrer avec une caméra chez votre voisin pendant son rut. Vous allez voir si vos observations vont le perturber. »

Pour LABOV (1972, 1976), le vernaculaire est le style de parole utilisé par les locuteurs lorsqu'ils ne sont pas observés, paradoxalement il s'agit de l'un des échelons du continuum stylistique dont l'étude est considérée comme essentielle au sein du paradigme variationniste. Cette situation antinomique conduit LABOV (1972, 1976) à formuler le « paradoxe de l'observateur » où l'enquêteur cherche à observer comment les locuteurs parlent quand ils ne sont pas observés. Les conséquences de ce paradoxe sont d'autant plus criantes lorsque l'enregistrement de la parole est rendu nécessaire pour les besoins de l'analyse, les locuteurs tendant à utiliser des formes phonétiques relativement éloignées de leur usage quotidien.

Comme l'indique MURRAY (1985), le paradoxe de l'observateur constitue l'équivalent d'une problématique connue en psychologie sociale et en psycholinguistique sous l'étiquette : effet Hawthorne.

LABOV W., 1972, Sociolinguistic Patterns, Blackwell, Oxford.
LABOV W., 1976, Sociolinguistique, Éditions de Minuit, Paris [trad. française de Sociolinguistic Patterns].
MURRAY T.E., 1985, On solving the dilemma of the Hawthorne effect, in WARKENTYNE H.J. (Ed.), Papers from the fifth International Conference on Methods in Dialectology, Department of Linguistics, University of Victoria, 327–340.
NADEAU J.–B., 2002, Les Français aussi ont un accent, Payot, Paris [éd. poche, 2004].

Ecrit par : Dolgo | 20 juillet 2006

   

http://critique.ovh.org/0404/article03.html


Déconstruction d'un discours de "success story" et analyse des processus de régulation sous-jacents
Par Hugues Draelants

Résumé:
L'article interroge les rapports entre le sociologue et son terrain d'enquête, plus particulièrement la problématique du statut à conférer à la parole des acteurs. Par l'expression de "success story" j'entends un discours socialement construit, constituant, dans une perspective interactionniste, une stratégie de présentation de soi collective exhibant une identité fière et tendant à passer sous silence la plupart des difficultés vécues par un groupe. A travers ce type de discours, les acteurs se constituent une identité narrative. Dans l'article, j'analyse comment procéder pour récolter un matériau pertinent lorsque l'on est confronté à un tel type de discours. Je défends la nécessité, dans pareil cas, d'adopter une posture méthodologique de type "critique-analytique", de placer la situation d'enquête au centre du matériau (paradoxe de l'observateur), et d'historiciser la situation présente en axant les entretiens sur le passé du groupe et en questionnant sur les événements critiques.


Introduction

Le sociologue, de plus en plus régulièrement appelé à intervenir dans des organisations (D. Vrancken, O. Kuty, 2001), se trouve dans de nombreux cas confronté à une situation vécue et présentée comme en crise par ses interlocuteurs. Via son analyse des rapports organisationnels, on attend souvent de lui qu'il produise du sens et fasse parler les faits grâce à son approche sociologique, afin de renouveler la vision des acteurs autorisant ainsi une perception différente des enjeux et des problèmes vécus en mettant par exemple à jour la trame systémique dans laquelle sont enchâssés les rapports sociaux au sein de l'organisation. Dans d'autres cas, à contrario, le sociologue est conduit par son commanditaire (par exemple l'Etat) à étudier des cas "modèles", des organisations qui fonctionnent exemplairement, afin d'essayer de reproduire et d'exporter les "bonnes pratiques[1]" en vigueur dans ces organisations dans celles en difficulté. Ici l'analyste est parfois[2] confronté non pas à un vide de sens, ou à un conflit des interprétations, mais à une situation totalement investie d'un seul sens qui fait consensus auprès des acteurs qui déploient ce que nous appelons alors un discours de "success story".

L'article interroge dans un tel cas les rapports entre le sociologue et son terrain d'enquête, plus particulièrement la problématique du statut à conférer à la parole des acteurs. Comment procéder pour récolter un matériau pertinent lorsque l'on est confronté à un discours de "success story" et que l'on étudie la question de la régulation locale? Nous défendrons la nécessité, d'adopter une posture méthodologique de type "critique-analytique", opérant dans un premier temps une déconstruction de ce type de discours afin de se donner les moyens d'étudier finement la manière dont se construisent les règles du jeu en vigueur au sein de l'organisation[3] qui orientent l'action collective des acteurs.

Identifier un discours de "success story"

Il convient premièrement de définir ce que recouvre un tel type de discours. Par l'expression de "success story", nous entendons un discours socialement construit, constituant[4] une stratégie de présentation de soi collective exhibant une identité fière et tendant à passer sous silence, la majorité des difficultés vécues par une organisation. A travers ce type de discours, les acteurs mettent en quelque sorte en scène l'histoire de leur organisation, le temps ainsi raconté conduit à une déformation, une rationalisation ex post du fil événementiel. Toutefois, cette "fiction" produit des effets propres, la pragmatique de la communication (J.L. Austin, 1970) nous l'enseigne: le discours n'est pas neutre. Les individus, mais aussi les communautés ou groupes, se constituent dans leur identité à travers leurs propres récits qui deviennent pour les uns comme pour les autres leur histoire effective. Il y a donc une relation circulaire entre d'une part un "caractère" (individuel ou groupal) et d'autre part les récits qui, tout à la fois, expriment et façonnent ce caractère[5]. Le philosophe Paul Ricoeur parle à ce propos d'identité narrative. Un discours prenant la forme d'une "success story" aura tendance à se défaire des incidents émaillant le quotidien passé, car ceux-ci risquent de déstabiliser l'identité, ainsi le récit retiendra plus volontiers dans la narration les événements appréhendés a posteriori comme positifs.

La confrontation à ce type de discours s'avère donc problématique, particulièrement lorsque l'on vise à étudier la régulation locale, c'est-à-dire le processus social de production des règles du jeu qui contribuent à orienter les conduites des acteurs dans un espace social déterminé permettant de résoudre des problèmes d'interdépendance et de coordination. (Maroy et Dupriez, 2000) Comment en effet analyser le fonctionnement d'une organisation, comment comprendre la manière dont se construisent la coordination de l'action et les règles du jeu, lorsque le discours premier plus ou moins partagé par les membres de l'organisation, auquel est confronté le chercheur, se contente de répéter in fine que tout va très bien, ce qui s'exprime concrètement par des expressions indigènes récurrentes du type: "on a beaucoup de chance ici", "il n'y a pas de conflits", "tout le monde s'entend bien", "les opposants sont rares ici" sans fournir pour autant d'explication détaillée permettant d'en rendre compte de façon satisfaisante.

Le statut épistémologique accordé à la parole de l'acteur

Tout semble donc aller de soi pour les membres du groupe partageant les mêmes évidences, mais le réflexe sociologique incite à se méfier de tout ce qui paraît "naturel", c'est pourquoi il importe d'aller au-delà de ce discours constituant en réalité objective ce qui n'est qu'une construction sociale. Il s'agit alors par un travail de déconstruction[6] de débusquer sous ce vernis les processus de régulation sous-jacents dont les acteurs ne sont pas forcément conscients, ne les exprimant pas spontanément car n'en ayant généralement qu'une maîtrise pratique et non une connaissance réflexive, langagière.

En n'adoptant pas une position de recul critique face à la présentation donnée par les acteurs de leur organisation, le risque est grand de substantialiser illégitimement ce consensus et de ne pas découvrir les processus de régulation sous-jacents qui construisent cette représentation de "success story" et finalement de manquer l'essentiel du propos. Dès lors, on touche ici à une question théorique centrale en sociologie: quel statut accorder au discours des acteurs? Ce souci épistémologique suppose corollairement de s'interroger d'un point de vue méthodologique sur le type de traitement analytique à réserver à la parole récoltée de l'acteur. Comment considérer un discours de "success story"?

Pour opérer une distinction bien nette, on peut relever deux lectures possibles avec des implications radicalement différentes pour l'analyse: la première lecture consiste à prendre au sérieux, voire au pied de la lettre ce que racontent les acteurs et de considérer ce discours qualifié de "success story" comme l'expression d'une réalité de réussite exemplaire, le discours est alors considéré comme témoignant d'une réalité "objective". Une autre lecture autorise un questionnement critique des discours et des représentations. On se situe sur le plan de la construction sociale de la réalité par les acteurs et l'analyse vise une finalité de déconstruction. En admettant de mettre entre guillemets la réussite dont parlent les acteurs et en traitant leur discours comme un mode de gestion identitaire dans une transaction sociale entre eux-mêmes et le chercheur (Franssen, in Dupriez, 1999), on s'interrogera alors sur les conditions et fonctions d'un discours en terme de "réussite", de "consensus", d'"absence de conflit"...

Dans cette perspective - qui est celle adoptée - le discours qu'un acteur tient sur lui-même et les autres est lu comme une manière de se poser dans le jeu social, un construit identitaire et relationnel. Un certain recul critique conduira ainsi à une mise en perspective de la "success story" comme une production discursive au travers de laquelle l'acteur négocie pour lui-même et vis-à-vis des autres son identité. Le chercheur introduit par là un soupçon sur le discours des acteurs et sur la rencontre entre chercheur et acteurs. D'après Franssen, un discours de ce genre forme un mode de gestion identitaire, une manière de répondre aux besoins d'affirmation de soi et de reconnaissance sociale dans une transaction sociale. Les divers éléments du discours que les acteurs tiennent sur eux-mêmes apparaissant comme ce qu'il nomme une "fable sociale" ou ce que Kaufmann nomme dans le même esprit une "fable de vie[7]". Attention toutefois à ne pas confondre fable et mensonge, l'enjeu de la fable est de produire de la conviction en faisant croire que c'est la réalité qui a changé. Dès lors, cela revient à la construction par l'acteur d'un discours auquel il tend à adhérer ou auquel, me semble-t-il, il peut aussi être incité à adhérer par conformité, si ce discours constitue une règle informelle en vigueur au sein de l'organisation. Progressivement l'acteur en arrive à intérioriser et à considérer ce discours comme le reflet même de la réalité, évidence parfois partagée au sein de l'organisation. Et "dans la mesure où cette histoire est partagée et garantie par des dispositifs institutionnels, elle tend à constituer un système de légitimation du rôle qui stabilise l'acteur dans son identité de référence." (Franssen, in Dupriez, 1999) En effet, pour le dire encore autrement, tout groupement social "a besoin d'une définition qui fonde sa vérité en raison et en nature[8]", qui la naturalise. Au travers de la construction sociale des formes de classification, les acteurs se dotent en retour de principes d'identification qui vont leur permettre de se penser et de penser le monde. (Corcuff, 1995)

Ne pas juger mais comprendre avant tout

Le but de la démarche constructiviste, proposée ici, ne consiste pas à dénoncer l'illusio dont seraient victimes les acteurs, mais tout simplement de comprendre ce qui joue par là, sans nécessairement juger. L'étape de dé-construction s'accompagne en effet par la suite d'investigations sur les processus de construction, d'historicité de la réalité sociale, c'est-à-dire un moment de re-construction. Une démarche de type "critique-analytique" ne s'oppose pas, lorsqu'elle est bien comprise, à une démarche compréhensive, qui implique en effet nécessairement des moments interprétatifs ou constructivistes. "Ce n'est pas faire du maximalisme herméneutique que d'observer que les logiques de sens, à bien des niveaux, sont opaques. Elles le sont notamment parce qu'elles fonctionnent largement sur le mode du non-dit, soit de ce qui n'a pas besoin d'être dit, soit de ce qui ne peut pas, ne doit pas se dire. Le sociologue doit alors s'efforcer de les reconstruire partiellement, et hypothétiquement, en s'appuyant sur les éléments dont il dispose. Rien de tout cela, soulignons-le, n'implique que les individus soient plongés dans la méconnaissance, et que leur existence se joue dans leur dos. " (Schwartz, 1993, p.297-298)

L'opérationnalisation: tactiques proposées pour construire le matériau

A. Distanciation critique et paradoxe de l'observateur

La première tactique consiste à adopter une position critique de déconstruction, toutefois celle-ci ne se décrète pas. Tout en reconnaissant la difficulté à occuper une telle position, il nous semble possible de l'atteindre par un effort réflexif de l'analyste. Ce travail a consisté en ce qui nous concerne à se poser la classique question de l'évaluation des effets du chercheur sur son terrain[9]. L'interaction entre un observateur et un observé produit inévitablement des effets. Par sa seule présence, le chercheur brise le déroulement spontané des interactions et la personne interviewée est au départ en situation de représentation vis-à-vis de celui-ci. Les acteurs attribuent un rôle au sociologue, le sens qu'ils donnent à sa présence est important car cela va influer sur les réponses récoltées et éventuellement induire des biais. C'est ce que résume l'expression du "paradoxe de l'observateur": étudier un groupe social suppose de l'observer, mais l'observation engendre une perturbation rendant sa connaissance difficile. (Schwartz, 1993, p.271) Il s'agit donc de placer la situation d'enquête et ses effets au centre de l'analyse des matériaux afin de considérer les effets induits par l'interaction entre un observateur et des observés. Dès lors, et dans cette perspective, le paradoxe de l'observateur n'apparaît plus comme un obstacle à la connaissance mais comme un outil supplémentaire de découverte. La conséquence méthodologique conduit ainsi à traiter les matériaux d'enquête comme des "effets de la situation d'enquête, et non comme des représentations immédiates d'une réalité "naturelle", antérieure à l'observation. On se donne les moyens d'une lecture "non-naïve" des phénomènes observés ou des propos recueillis.

L'accès commode au terrain (dans le cas où la venue du sociologue ne fait pas l'objet d'une demande sociale) m'apparaît comme un bon "révélateur" de logiques sociales endogènes, j'entends par là la présence au sein de cet établissement d'une certaine demande sociale de reconnaissance et/ou de légitimation du travail du groupe concerné. En effet, si le sociologue met en avant dans la présentation de sa recherche aux acteurs un élément qui fait partie intégrante de la vision qu'ont les acteurs de la "success story" l'enquête sera plus facilement acceptée car le rôle du sociologue sera alors identifié par la direction comme un éventuel moyen de caution ou d'atout pour l'entreprise en cours: son rapport sera utilisé par exemple pour montrer l'utilité ou l'intérêt de l'activité étudiée, son travail sera un outil possible de promotion du groupe. Comme l'exprime bien Schwartz, "les réactions des membres d'un groupe donné à l'existence du sociologue ne peuvent pas ne pas livrer des indices sur leur image d'eux-mêmes, sur les types de légitimité qu'ils revendiquent, sur les formes de reconnaissance auxquelles ils aspirent, donc sur les "noyaux durs" ou les aspects fragiles de leur identité sociale." (1993, p.276) Il s'agit donc de tirer parti de ces "indices" sociologiques.

Néanmoins, il importe de ne pas généraliser a priori la démarche critique analytique ce qui conduirait à une "interprétation tyrannique" (Schwartz, 1993, p.277) du paradoxe de l'observateur. Ce que j'ai tenté de montrer ici repose simplement sur une réflexion tirée de notre travail de terrain comme quoi, dans certains cas, notamment lorsqu'on se trouve face à l'analyse d'une "success story", les effets induits de l'interaction enquêteur/enquêtés peuvent constituer de bons révélateurs de certains fonctionnements sociaux. Loin de moi donc l'idée selon laquelle tout matériau de recherche devrait s'analyser comme produit de la situation d'enquête.

B. La remontée dans le passé sur des incidents critiques

Le seconde tactique proposée consiste à interroger les acteurs sur l'histoire de leur établissement et d'axer particulièrement l'entretien sur les incidents critiques. Ce type de questionnement vise à désubstantialiser une situation, considérée comme le produit d'une histoire à étudier. Cela permet de débusquer les évidences et les "ça-va-de-soi" des acteurs et de montrer que ceux-ci sont le fruit d'un apprentissage. Car, comme l'explique le psychologue social Edgar Schein, au départ lorsqu'un groupe se trouve face à un problème ou à une nouvelle tâche, la première solution proposée pour le résoudre peut seulement avoir statut de "valeur".. Par la suite, si la solution fonctionne et que le groupe partage la même perception de ce succès, la valeur commence progressivement un processus de transformation cognitive en une croyance et finalement en une évidence. Les membres du groupe en oublient qu'initialement ils doutaient. Au fur et à mesure que la valeur se transforme en une évidence partagée, elle s'évanouit de la conscience et devient une routine. (Schein, 1985) Dans la perspective théorique adoptée, le but du sociologue est de dénaturaliser les phénomènes sociaux et de mettre à jour les processus à l'oeuvre nécessitant une action permanente de la part des individus. En amenant les acteurs à se retourner sur l'évolution de leur organisation, le sociologue se donne en outre un moyen de produire une certaine réflexivité chez ceux-ci.

Un procédé méthodologique, auquel j'ai eu recours dans le cadre de mon enquête et qui s'adjoint particulièrement bien à un questionnement s'attachant à retracer les souvenirs des acteurs sur des phénomènes passés de la vie du groupe, consiste à susciter la parole à propos d'incidents critiques de l'histoire du groupe. Un incident critique peut être défini comme n'importe quel événement majeur qui menace la survie ou le fonctionnement ou qui cause une réexamination des buts de l'organisation. (Schein, 1985) La plupart des organisations connaissent presque inévitablement à certains moments de leur existence de tels événements critiques laissant des traces dans la mémoire de leurs membres. Ces épisodes fragilisant le fonctionnement habituel de l'établissement représentent pour le chercheur des indices révélateurs des processus de régulation mis en place. En remettant en cause la routine, en lézardant le vernis protecteur dont se pare le discours officiel, les incidents critiques apprennent paradoxalement beaucoup au chercheur sur la régulation courante, "le raisonnement ab absurdo étant une bonne manière de saisir la logique des cas normaux qui se dérobe ordinairement au regard." (Lahire, 1998, p.12).

Dans le cas de l'organisation étudiée, l'incident critique autour duquel j'ai cherché à croiser les points du vue était le récent changement de direction. Le changement directorial constitue en effet ce que Crozier et Friedberg nommeraient une incertitude organisationnelle.

C. La triangulation

Enfin, il peut se révéler utile de combiner différentes approches et sources afin de donner une image plus complète de l'objet étudié. La triangulation consiste précisément à renforcer la validité épistémologique d'une donnée en croisant les sources et les méthodes de collecte et forme une tactique de vigilance efficace supplémentaire pour garantir la fiabilité du matériau.

Dans le cas présent, c'est essentiellement en phase exploratoire que nous avons eu recours à l'analyse statistique. A partir d'une base de données reprenant de nombreuses organisations scolaires nous avons sélectionné quelques cas apparemment intéressants car montrant des résultats[10] éloignés de la norme. La comparaison avec la moyenne des organisations échantillonnées, permet ainsi d'objectiver sa relative exceptionnalité plutôt que de se baser uniquement sur des échos, des "on-dit", ou une connaissance personnelle préalable de l'organisation... Replacer le cas dans un ensemble plus large, comme le permet le quantitatif, rappelle somme toute qu'on ne peut détacher un cas du contexte qui lui donne acte. En guise de prélude à la venue de l'enquêteur sur le terrain, cette phase quantitative exploratoire offre des données de cadrage, permettant de planter le décor et de suggérer des hypothèses qui pourront être validées ou invalidées au travers de l'étude qualitative.

Conclusion

Pour récapituler, l'idée centrale de ce petit article était donc d'inviter à la réflexion sur le statut à conférer à la parole de l'acteur, singulièrement lorsque le discours déployé s'apparente à ce que l'on a appelé une "success story". La posture défendue a consisté à opérer une déconstruction de ce discours, non dans le but de rabaisser la réussite de l'organisation étudiée ou le mérite des artisans de ce succès, mais afin de se donner les moyens de comprendre scientifiquement un construit social, fruit d'une action organisée. La posture critique-analytique adoptée ne se confond pas dans mon approche avec un principe ferme et une volonté de disqualifier a priori la parole de l'acteur. Dans le cas présent elle s'est imposée comme un détour méthodologique nécessaire pour "construire" mon objet, compte tenu de la réticence des acteurs à explorer certains contenus, soucieux de préserver une certaine image dans la présentation donnée d'eux-mêmes. Ces contenus (particulièrement ceux ayant trait au fonctionnement quotidien, à la régulation locale) jugés illégitimes par les acteurs, notamment en raison de leur naturalisation - un certain ordre du monde paraît naturel à ceux-là même qui le construisent - faisaient en effet précisément l'objet privilégié de notre attention. Ni méfiance, ni défiance systématique ne résument l'attitude adoptée vis-à-vis des discours récoltés en entretien, mais la nécessité renouvelée à chaque recherche de s'interroger en fonction du contexte de l'enquête sur les éventuels effets occasionnés par l'interaction entre un observateur et des observés.

Hugues Draelants

Notes:
1.- La diffusion de ces "bonnes pratiques" présumées relèvent à notre avis d'une vision techniciste étroite du changement, qui méconnaît les relations sociales dans lesquelles sont incrustées ces pratiques, difficilement importables comme telles.
2.- Il ne faut pas généraliser, car il est en effet tout à fait possible de trouver des organisations qui fonctionnent correctement malgré de nombreux conflits ouverts entre ses membres, ou pratiquement sans aucune coordination entre les acteurs... Les construits d'action organisée sont pluriels (Dupriez et Maroy, 1999), il n'existe pas à ce niveau de one best way.
3.- Le travail de terrain sur lequel se base cet article étudiait une établissement scolaire d'enseignement secondaire libre de la région de Bruxelles (Communauté française de Belgique). Dans l'article nous parlons d'organisation dans la mesure où notre approche des établissements scolaires est instruite par la sociologie des organisations et l'école analysée à la lumière des concepts forgés dans le champ organisationnel.
4.- Dans une perspective interactionniste inspirée de Goffman.
5.- Paul Ricoeur, Temps et Récit. Tome 3: Le temps raconté, Paris, Seuil, 1985.
6.- Notre perspective constructiviste est inspirée, on l'aura compris, en droite ligne de l'interactionnisme. On sait en effet que ce courant sociologique adopte une vision critique dans l'étude des faits sociaux. Ceux-ci n'étant pas "chosifiés" mais traités comme des constructions liées à la façon dont les acteurs, placés dans des situations données, se définissent les uns par rapport aux autres, et élaborent pour ce faire le sens social des situations. En mettant en exergue que ce qui paraît aller de soi ne "va" en réalité pas de soi, mais fait l'objet d'un travail constant de stabilisation ou de modification des "cadres" de perception commune durant le cours de l'interaction, "l'interactionnisme désubstantialise les propriétés apparemment les plus naturelles de l'ordre établi." (Schwartz, 1993, p.288)
7.- Le décalage avec la vérité des faits objectifs n'est pas forcément dans le mensonge. Comme le dit Kaufmann, "les gens nous racontent parfois des histoires, loin de la réalité, non parce qu'ils mentent à l'enquêteur, mais parce qu'ils se racontent eux-mêmes une histoire à laquelle ils croient sincèrement, et qu'ils racontent à d'autres qu'à l'enquêteur." (1996, p.68)
8.- Mary Douglas, Ainsi pensent les institutions, (1989), cité par P. Corcuff, 1995, p.91.
9.- Inversement, il peut aussi dans certains cas s'avérer utile d'étudier les effets du terrain sur le chercheur.
10.- Autour de la question de la perception du climat relationnel général entre les acteurs au sein de l'organisation scolaire et des pratiques de travail en équipe entre enseignants.

Références bibliographiques:

Austin John Langshaw, Quand dire, c'est faire, Paris, Seuil, 1970.

Corcuff Philippe, Les nouvelles sociologies, Paris, Éditions Nathan, coll. 128, 1995.

Dupriez Vincent, Maroy Christian, "Politiques scolaires et coordination de l'action", Les cahiers de Recherche du GIRSEF, no 4, novembre 1999.

Dupriez Vincent (éd.), "Les établissements scolaires. Approches qualitatives", Pédagogies, no 13, Academia-Bruylant, 1999.

Kaufmann Jean-Claude, L'entretien compréhensif, Paris, Nathan Université, coll. 128, 1996.

Lahire Bernard, L'homme pluriel. Les ressorts de l'action, Paris, Nathan, 1998.

Maroy Christian, Dupriez Vincent, "La régulation dans les systèmes scolaires. Proposition théorique et analyse du cadre structurel en Belgique francophone", Revue Française de Pédagogie, no 130, 2000, pp. 73-87.

Ricoeur Paul, Temps et récit. Tome III: Le temps raconté, Paris, Seuil, 1985.

Schein Edgar H., Organizational Culture and Leadership, California, Jossey Bass, 1985.

Schwartz Olivier, "L'empirisme irréductible", postface à: l'édition française de Anderson Nels, Le Hobo, Paris, Nathan, pp. 265-308, 1993.

Vrancken Didier et Kuty Olgierd (éds.), La sociologie et l'intervention: enjeux et perspectives, Bruxelles, De Boeck Université, 2001.

Notice:
Draelants, Hugues. "Déconstruction d'un discours de "success story" et analyse des processus de régulation sous-jacents", Esprit critique, vol.04 no.04, Avril 2002, consulté sur Internet: http://www.espritcritique.org

Ecrit par : Dolgo | 20 juillet 2006

   

http://infolang.u-paris10.fr/pfc/procedures.htm



Discussions libres

Pour avoir accès au vernaculaire de nos sujets et pour tenter d'atténuer les effets de ce que Labov appelle le " paradoxe de l'observateur ", nous recommandons de jouer sur des liens de connaissance qui permettent d'étudier des réseaux denses sur le plan interpersonnel. Nous faisons nôtre le conseil suivant que donne Bourdieu dans un ouvrage récent :

" On a ainsi pris le parti de laisser aux enquêteurs la liberté de choisir les enquêtés parmi des gens de connaissance ou des gens auprès de qui ils pouvaient être introduits par des gens de connaissance. La proximité sociale et la familiarité assurent en effet deux des conditions principales d'une communication "non violente". " (Bourdieu, La Misère du monde, sous la direction de Pierre Bourdieu, Paris : Point, 1993 : 1395)

Cette méthode a été celle suivie par Labov dans certains de ses travaux sur le Lower East Side de New York et par les Milroy à Belfast. Nous recommandons autant que possible le travail à deux : un chercheur qui connaît le groupe de façon intime et un autre enquêteur qui le connaît moins bien ou pas du tout et dont la distance par rapport au groupe pourra dans certains contextes provoquer un style plus soutenu (voir entrevue guidée).

Ecrit par : Dolgo | 20 juillet 2006

   

c'est tout pour aujourd'hui :-]

Ecrit par : Dolgo | 20 juillet 2006

   

Le paradoxe de l'observateur joue un rôle également dans les "sciences dures".

Voici d'autres nouvelles des photons et de la téléportation quantique :
http://blog.legardemots.fr/post/2006/03/16/560-photon

Ecrit par : Le garde-mots | 21 juillet 2006

   

d'ou l'interet et la legitimité (selon moi) de l'observation participante "incognito" par moment. ethnographe/acteur, imposture ethnographique seule a meme, parfois, de donner a voir cette parole "vernaculaire" si chère aux personnes avides de compréhension de l'autre.

Ecrit par : sainte therese | 21 juillet 2006

   

J'imagine que ton travail t'amène à te poser ce genre de questions... tout travail multisite contemporain développe une dépendance problématique à l'entrevue... En revanche, tout travail de terrain en monosite possède ses propres singularités, en particulier au niveau du statut de l'observateur.

Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de terrains "exotiques" où les gens font très bien la différence entre un psy et un sociologue, un statisticien et un sondeur...

De mon expérience, être observateur signifie de prime abord "un blanc qui pose des questions"; dont l'extension est "un blanc qui s'en va, ne revient jamais, publie des livres où sont écrites des bétises et en plus en posant des questions, ce qui est globalement interdit".

Le paradoxe de l'observateur est beaucoup plus tardif (vous ne conmprennez pas grand-chose à l'inuttitut), et n'intervient ensuite que lorsque notre présence est acceptée, voire encouragée (il est pas si mal, et ça pourrait ne pas nous nuire).

Dans ce cas, votre présence en tant qu'observateur est recherchée car il a été conclut que ce que vous cherchez à faire de façon finalement plus innocente qu'ils ne l'auraient soupçonné au départ, c'est apprendre.

Vous devenez donc un enfant bien poli qui ne connait rien à rien et à qui on a décidé d'apprendre comme il convient d'apprendre : 1. tu regardes 2. tu fais toi-même.

Et en se pliant aux demandes d'apprentissage, outre leurs qualités pédagogiques, tu deviens aussi quelqu'un qui accepte d'apprendre normalement, ce qui permet aussi d'être un observateur dont l'aspect d'observation est connu, mais avec qui on ne joue plus, parce que de toute façon, on ne peut pas jouer toute la journée, et vous êtes là depuis des mois, et un enfant (même adulte) apprend en regardant.

Arriver à un paradoxe de l'observateur sera bien plus tardif... et dépendera de l'objet de recherche... (tu te rapelles ton premier caribou, celui que tu as attrapé avec ton cousin? / penses-tu que le gouvernement du Nunavik fera changer les choses?).

Voilà ce que j'en pense pour l'instant...

Ecrit par : Naarjuk | 21 juillet 2006

   

salut Naarjuk. Je répondrai à tes derniers commentaires à tête reposée...

Ecrit par : Dolgo | 21 juillet 2006

   

Alors j'attends, car la question de l'observation, bien que je la traite encore de façon assez cavalière, mérite mieux qu'une simple remarque empirique...

Je voulais aussi ajouter, avant ta réponse, que l'observation dans le cas d'une méthodologie d'ordre qualitative ne peut avoir le même statut épistémologique que dans des études quantitatives. A mon avis, la divergence se joue dans cette divergence des méthodologies de recherche, et la dimension "perturbatrice" de l'observation est bien heureusement un vecteur de connaissance.

J'ai entendu des histoires d'anthropologues à lunettes, carnet à la main toute la journée, qui cherchaient à limiter leur implication en niant leur présence par leur silence et leur attitude studieuse.
Alors que ce n'est que dans l'interaction qu'une connaissance peut-être générée, et d'abord tout simplement, connaître la personne.

Mais j'attends ta réponse avant de poursuivre...

Ecrit par : Naarjuk | 22 juillet 2006

   

@Ste Thérèse : On peut aussi espérer être toujours dans le rôle de l'observateur mais finalement assez présent et imprégné pour que les gens vivent leur vie sans se soucier de ta présence... ne serait-ce que quelques minutes !

@Naarjuk (tu connais sans doute ste thérèse) :

réponse à ton commentaire 1

mon travail de terrain ? Ca n'a pas été grand chose. J'ai dû me convaincre qu'il fallait aller voir. Je ne suis jamais resté plus de 2-3 heures au labo. 6 entretiens et discussions dont une seule "hors terrain" avec un sédimentologue. Tu parles d'un multisite ! le paradoxe de l'observateur était donc simple : mes enquêtées adaptaient leur discours à un non chimiste.

je te souhaite de retourner sur ton terrain avec ton "livre" pour leur raconter ce que tu as fait et pourquoi. C'est important la restitution. De mon coté, je leur donnerai une copie et une boite de chocolat en septembre. (ou en décembre, je dépose finalement mon mémoire canadien en décembre sans toutefois retourner au Québec)

l'innocence de l'anthropologue est à acquérir sur le terrain. Ca me plait cette idée. On vient pour apprendre et travailler sur ce qui nous plait sans nourrir les intentions mercantiles (enfin, faut espérer)

c'est très bon d'être considéré comme quelqu'un qui ne sait rien à qui il faut tout apprendre et laisser regarder. Mais je ne sais pas si on pense à la même chose à propos du paradoxe de l'observateur. Pour moi, le paradoxe est frontal et brutal : on te connait pas alors on adapte nos discours et on ne dit que ce qu'on veut. je parle en général. Pour mon expérience au labo, c'était confortable : toutes mes questions trouvaient une réponse, les gens m'aidaient à comprendre, expliquaient au mieux. Pour ça, j'ai adapté des questions.
bref, le paradoxe de l'observateur pour moi, est fort et gênant (puisqu'on gêne les gens) au début. Quand une proximité, une habitude, voire une complicité est acquise, le paradoxe s'efface de plus en plus. et c'est là qu'on produit de jolies "données" qu'on garde pour soi ou qu'on rédige dans un article...

réponse à ton commentaire 2

une remarque empirique ? j'espère t'avoir fourni une réponse acceptable. L'empirique est faible dans mon travail. je l'espère suffisant pour ce type de document à produire : j'ai plein d'info, des jugements... mais seulement une 30aine de pages de retranscription d'entretien. Le reste de mes "matériaux" : des kilo-heures de glan(d)age sur le net, un millier de pages annotées et mon carnet de terrain.

sur la différence qualitatif quantitatif, je suis d'accord. Mais ces deux modèles ne s'opposent pas. et je crois qu'il ne faut pas trop compter sur la perturbation qu'on crée pour produire de La Connaissance. Ce qui m'intéresse, je crois, en anthropo, c'est la largeur du truc : se dire que tout ou presque est possible. S'acharner sur la littérature, regarder l'actualité de la discipline, creuser un sujet sur le terrain tant qu'on peut, noter tout les soirs ses impressions et être créatif. y'a pas de texte type en anthropologie. Tant mieux. (ça empêche pas de se faire valider ou démonter par ses pairs)

enfin, oui, le style anthropologue à lunette discret, je n'y crois pas. Comme dans toute interraction, "ce qui marche" c'est le lien, la causerie, l'échange...

je sais pas si ma "réponse" te satisfera mais je te remercie de l'avoir provoquée : moi, ça m'a fait du bien d'écrire (mon plus long texte de la journée -SIC ! alors qu'en théorie je suis en pleine rédaction).

Ecrit par : Dolgo | 22 juillet 2006

   

cette conversation est rudement interessante.
je pense etre du meme avis que vous sur la necessité et la maniere d'interroger cette relation observant/observer (qui peut d'ailleurs s'inverser).

dans le cadre de mon travail je me rends compte que les questions de l'accès au groupe et de la stratégie des acteurs (consciente ou inconsciente, y compris celle du chercheur) sont cruciales dans cette relation.
en effet quand je parle d'accès au groupe, il me semble que la relation à une personne aspirant à en faire partie et celle à une personne cherchant à le comprendre ne sont pas les memes et ce, quel que soit le degré d'intimité atteint; d'autant plus, face à un groupe qui est structuré autour d'un certains nombre de secrets ou d'un groupe fermé aux tentatives de compréhension de l'extérieur.
en effet l'ethnographe se retrouve dans ce cas là face à certains blocages ou même certains interdits. c'est d'ailleurs là qu'il est interessant, pour moi, de reflechir les stratégies mises en place (rejet, esquive, tentative de seduction,...) et que l'on peut essayer de mettre en place cette imposture que j'évoquais.
il arrive en effet que n'appartenant pas au groupe, certaines parties de la vie de ses membres ne soient pas accessibles, ni par l'observation directe, ni par le récit.

donc naarjuk lorsque tu parles des "demandes d'apprentissage" peut etre se joue-t-il en encore plus que la simple volonté d'apprendre acceptée mais une orientation vers l'acceptation dans le groupe, vers une tentative de recrutement.

le probleme se pose pour moi car cette appartenance au groupe implique une série de contraintes qui peuvent rentrer en conflit avec mon ethique, mon mode de vie,...
où et quand s'arrête l'ethnographie dans ce genre de cas.

voila je reviendrai peut etre sur ce post quand j'aurais plus de temps, mais il me semble que dans ces interactions dont nous parlons, il se joue beaucoup plus qu'un echange de connaissance, par conséquent ce paradoxe ne disparait peut etre que lorsque l'objectif de production de connaissance du chercheur "n'existe plus" pour l'un des deux partis...

Ecrit par : ste thérèse | 24 juillet 2006

   

@ Dolgo : des projets de retour, je commence déjà à en échaffauder, et surtout à imaginer comment ils pourraient servir de vérification en même temps que d'approfondissement, tout en pourant (pouvant au conditionel participe présent) ne pas être inutile à la communauté, mais j'ai quelques idées, avec quelques collaborations d'Inuit du Sud...

Il faudrait repartir de 0 aussi pour répondre à toutes ces remarques que tu me fais, mais pour tenter à présent de résumer ma pensée, telle qu'elle s'était éloignée du paradoxe onde/particule, très joli d'ailleurs (il y a deux informations possibles: position ou direction, et l'acte d'observation (de mesure pour être plus exact) éclaire l'un en éteignant l'autre), reprenons notre souffle, pour résumer notre pensée donc qui s'envole et remue autant qu'un serpent visqueux, le paradoxe de l'observaytion, mais qui est finalement le propre de la vue, est qu'observer c'est trier, selectioner, éclairer/éteindre, en fonction de bien des choses dans notre esprit et coeur, corps et âme, qui s'affairent...

mais quand il s'agit de "mesurer", je veux dire susciter une information, d'une part on retombe sur le même cas de figure, mais (d'autre part) dans le cadre d'une interaction, entre deux personnes qui ont bien une idée de ce qu'elles font et dans quel contexte elles le font.
Et c'est ce contexte et sa prise en compte qui peuvent donc nous réveler ou indiquer les directions suivies parfois lors de l'intercation, qui humainenemt et non dans une pièce de laboratoire sont le plus souvent déterminées par la position.

Donc on en revient à position/direction, et ces deux points sont peut-être le vecteur à suivre (métaphoriquement) pour creuser les résonnances de l'EPR en anthropologie...

Mais également, merci pour les précisions concernant ton travail, et j'ai tendance à considérer dans l'anthropologie son ouverture, son ouverture à l'ensemble des possibles et virtuels mêmes...

@Sainte-Therese (que je ne sais pas si je connais Dolgo):
Sur l'inversion: OUI (et pas qu'un peu)...
Sur la disjonction vouloir faire partie/vouloir comprendre: oui aussi, mais avec une nuance, ou simplement ma reformulation: vouloir comprendre en voulant faire partie, ou encore vouloir (ou avoir voulu) faire partie qui déclenche un vouloir comprendre... comprendre (englober)/faire partie, deux mouvements incessants mais tous deux marqués par un certain holisme, pivotant pourrit-on dire.

Et c'est là encore que j'agrée à ton interprétation en termes de recrutement, en raison de ce que je viens d'avancer...
Et il est vrai que l'appartenance au groupe impose des règles qui auraient pu être contraires à mon mode de vie ou éthique (ce qui n'est pas la même chose bien sûr). Mais dont le respect ou l'intégration est la condition à un da-sein, pour utiliser des mots de barbares (je parle des philosophes, pas des allemands).

Il faudrait aussi soulever le problème de l'économie du savoir, en termes plus larges que le simple intérêt non mercantile du chercheur, mais qui n'est pas tout seul à chercher, et pas uniquement avec son prore argent...
Et du colonialisme, ou post-colonialisme si on veut...

Allez Dolgo, encore du courage, des post comme ça qui font jaser, des paradoxes sur lesquelq on s'emmelle l'esprit (non, c'est pas noté...)

Ecrit par : Naarjuk | 24 juillet 2006

   

@Ste Thérèse : merci de nous faire part de ces problèmes et de ces éléments à prendre en compte dans une relation observateur observé. Quoique je prétende me passer d'y réfléchir. C'est certain que les schémas sociaux, les structures, les êtres zumains entre eux, sont actifs par delà le boulot ethnographique. "je suis ethnographe mais j'ai aussi une personalité" (Cf pub télé d'il y a 10 ans) qui parfois m'aide, parfois me pèse... Bref, je parle pour ne rien dire, mais ... je vous ai ccccompris !

@Naarjuk : beau résumé, l'antagonisme direction-position. Ca vous rappelle pas le dynamique vs structurel... ralala, ces écoles !

observer c'est trier, oui. Sans aucun doute. De mon côté, j'ai passé l'année ne faire que trier, classer, organiser, séparer... et j'ai plus le temps de m'en servir.

"humainenemt et non dans une pièce de laboratoire"
Mmm ? !!!

"'anthropologie son ouverture, son ouverture à l'ensemble des possibles et virtuels mêmes..."

ouaip ! mais l'anthropologie et la sociologie de l'internet sont déjà vachement à la mode, je chercherai des choses là dessus mais je me souviens déjà d'un bouquin de sociologue qui analyse les profils des chatteurs.

___________

désolé, j'ai fait vite et mal écris, parce que j'ai un truc de 120 pages dans lequel règne un charmant fouilli. Qui, ironie chafouine, résulte d'un tri, enfin , de dizaines de tris.

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Naarjuk, j'espère que je proposerai des paradoxes singuliers qui font jaser. Quand aux notes, faut bien jouer le jeu, puisque c'est un jeu qui se joue jusqu'à la retraite.

Ecrit par : Dolgo | 13 août 2006

Posté par Dolgo à 00:57 - Echos anthropologiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 octobre 2006

Inversion des rôles dans un "entretien semi-directif"

Publié sur la Dolgorouki Inc. le 20 mai 2006

 

La socio-anthropologie des sciences dans le feu de l'action

Lors de la retranscription de mon dernier entretien, passé avec un archéologue sédimentologue, j'ai pu observer qu'une belle situation s'est produite, en tout simplicité. L'enquêteur que je tente d'être est devenu l'enquêté.

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Voici les codes utilisés :

 

Enquêteur

Enquêté

[Gestes, actions extérieures, didascalies]


Bleu : Infos à garder sous le coude.

Rose : Il sera intéressant d’y revenir.

Orange : amusant !

[Violet] : remarques persos.

Cà, c’est curieux parce qu'on mélange un monde où il y à Internet ou tout se fait par mail ça permet de rapprocher les gens mais quand même quand les gens peuvent, en un coup de tramway se voir, les choses se font quand même de façon plus sereine, tu vois la personne, s'il y a des affinités. Finalement, plus on avance et plus on se rend compte qu'on fait des choses avec des gens où il a un feeling où tu ressens quelque chose, c'est très curieux. Oui, je pense aussi que c'est important. Et j’avais sous estimé ça, je croyais que la science était au-dessus de ça, et en fait, tu sens qu'il y a une accroche des deux côtés, un feeling, un système de pensée, tu fais des choses de façon beaucoup plus rapide et c'est beaucoup plus intéressant, il y a une sorte de confiance, d'échange... C'est très étrange, difficile à expliquer mais voilà ! Oui, je vois tout à fait. C'est un avis, qui rentre parfaitement dans ce que je fais, c'est-à-dire faire entrer le social dans la construction de la science. En critiquant le noyau dur, comme quoi la science serait en dehors de la société. Et oui, bien sûr. Une science, qui fonctionne de façon autonome sans que les interactions sociales n’aient la moindre importance. C'est l'idée part, bateau mais c'est comme ça chez tous les sociologues et anthropologue de la science. Bref, c'est surtout les interactions sociales entre les gens et le fonctionnement social, même dans les institutions qui va faire qu'une science progresse change évolue. Oui oui. Et ça, ça vous est arrivé quand à cette idée ? C’est récent ? Dans le champs l'anthropologie des sciences ? Oui. [Je deviens l’enquêté – mon cadre théorique] Euh, c'est assez délicat à définir laisser extrêmement historique au début, les philosophes des sciences se sont intéressés à définir les grandes lignes de la science comme une entité et ensuite, il y a Robert Merton dans les années 40 qui a défini les normes d'une science. C'était très classique, mais le problème c'est que ça restait très en dehors du fonctionnement intime de la science. Ensuite, la nouvelle anthropologie et la nouvelle sociologie des sciences s'était surtout à partir des années 60 et 70 où les sociologues se sont intéressés au fonctionnement plus interne la science : c'est un peu ce que je fais, comment fonctionnaient labos etc. Ah oui, d’accord ! Et puis, c'est une histoire assez intéressante parce que, n'importe quelle personne qui travaille en sociologie ou en anthropologie, va pas aller se frotter à la science en se disant que de toute façon, on va pas aller étudier ça va pas aller de soi. parce qu'on ne touche pas aux sciences dures. Parce qu'elles fonctionnaient, on n'a rien à remettre en cause là-dedans et aucun jugement à y faire. Les anthropologues sans aller étudier un peu tous les aspects d'une société humaine, un peu partout dans tous les milieux ; sauf la science parce que c'est une entité sacrée et on n'y touche pas. On n'a pas la remettre en question. Donc les débats entre sociologues anthropologues et scientifiques étaient assez houleux. Parce que les scientifiques considèrent souvent que les anthropologues des sciences sont assez gentils, mais ils n'y connaissent rien. Et il se permet de dire que c'est du bricolage et que ça fonctionne qu'avec le social….

Et qu'est-ce que tu appelles social en fait ?

Ah !!!

Au sens anthropologique, c'est tout le social ou le culturel. C'est tout fonctionnement humain dans lequel tout est lié tous les aspects d'une activité est lié à la situation sociologique d'un chercheur sa psychologie, sa formation, les gens avec qui il a été en contact. Par sociales, j'entends surtout interactions des structures sociales qui renvoient à l'économique et au politique qui déterminent tous les aspects de n'importe quelle activité humaine pour placer tout ça dans son contexte le plus large même si on travaille sur un sujet très précis. La relation entre deux labos, il faut pouvoir la remonter un peu en généralités, et lier ça à un contexte général. Bref, c'est extrêmement large. L'enquête que je fais, en fin de compte, je me dis : « tout est possible » [sourires] je peux interpréter dans n'importe quels sens en restant lié à ce qui était fait, écrit par les sociologues anthropologues sur les sciences dures. C'est la où il y a une rigueur dans ce que je cherche.

 

Mais comment tu le gères, après ton questionnaire !?! Parce qu'en fait, c'est pas des questions où on répond « oui - non ». [je continue à être l’enquêté ! – ma méthodo]

Oui, exactement. Parce que c'est pas un questionnaire. On appelle ce genre de choses un entretien semi directif. Directif, ce serait une série de questions ou répond oui ou non. Mais entretien semi directif, c'est une question assez générale où on va laisser la personne parler, en brodant etc., c'est ce qu'il s'est passé et ça permet ensuite de repérer des moments-clés de l’entretien qu’on pourra récupérer qui pourront nous servir d'illustration. Mais dans ma situation, c'est aussi pas mal d'informations et c'est ce que j'espérais de cet entretien. À partir d'une question générale que je puisse récupérer différentes informations. Et ensuite c'est plusieurs questions complémentaires qui vont me donner des informations plus précises en sachant que tu peux toujours broder. Ok, oui.

Et d’ailleurs on va y passer. [Je récupère mon rôle d’enquêteur !]

 

Sur les rapports entre la XXXXXXXXXXXX et le laboratoire XXX, est-ce que c’est fréquent, quotidien, qu'est-ce qu'il se passe avant d'envoyer des échantillons ?

   

                    17:05                                             Publié dans                                                    La socio-anthropologie des sciences et des techniq                                                      |                                         Lien permanent                                         | Commentaires (0)                                                             | Trackbacks (0)                     | Envoyer cette note

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03 octobre 2006

Résonance(s)

Publié sur la Dolgorouki Inc. le 29 mai 2006

Résonance(s)

De la raison en réseaux ;

Résonances de la vie de laboratoire

 

 

medium_d_07.jpg

 

1- Présentation de l’article et du sujet de recherche

 

L’objectif de cet article est de croiser trois éléments, conformément à l’évolution des idées collectives brièvement élaborées au long de l’année universitaire. Nous avons d’abord cherché à insérer chacun de nos sujets de recherches dans différentes thématiques. Il s’en est dégagé trois et j’ai opté pour le groupe « espaces et territoires » (premier élément). Il nous fallait ensuite définir une notion qui viendrait chapeauter tous nos articles. « Résonance (s) » a finit par s’imposer (second élément). Le troisième élément est évidemment chacun de nos sujets de mémoire. Mon sujet de recherche est ancré dans un sous-champ hélas méconnu des sciences humaines, qui cherche à analyser la production sociale des sciences et des techniques. Par commodité, je le nommerai socio-anthropologie ou anthropologie des sciences.

(...)

J’ai alors proposé un travail de terrain à réaliser en France. Mon mémoire exposera donc les résultats d’une enquête (une ébauche ethnographique) menée cette année auprès [d'un laboratoire]

Afin de donner la plus brève synthèse de la spécificité de ma problématique, il me faut insister sur sa dimension d’enquête : la démarche retenue est particulièrement itérative en dépit du plan d’enquête que j’ai pu suivre sans radicalement le transformer. J’ai nommé l’élément central, le référent unique de cette enquête « fait chimique » : alors que les chimistes entendent analyser les phénomènes chimiques, j’entends saisir le fait chimique comme un fait social qui mobilise une certaine variété d’acteurs participant tous, selon leur rôle, à la construction de ce fait. En m’inspirant du titre d’un ouvrage coordonné par Arjun Appaduraï, The social life of things, 1985, mon enquête (pour-)suit la vie sociale d’un échantillon de matière organique (...). Enfin, cette poursuite du fait chimique se décompose en trois temps : l’amont, le centre et l’aval. L’amont concerne les statuts universitaires du laboratoire et les commanditaires ; le centre correspond à l’activité du [laboratoire] et l’aval se penche sur l’utilisation des résultats communiqués aux commanditaires. Il s’agit à présent d’identifier d’une part quels espaces ou territoires s’insèrent dans l’activité étudiée et d’autre part quel type de résonances peuvent y prendre place.

2- Espaces et réseaux

 

La notion de territoire (national ou transnational notamment) dans le contexte de cette enquête (...) n’a pas été interrogée : il apparaît assez nettement qu’en voulant saisir les particularités (locales) de l’activité du laboratoire, le problème d’une discussion (macro)sociologique ne s’est pas posé. Faire référence au fonctionnement national, institutionnalisé ou politique de la science et de la recherche française reste toutefois à propos.  Mais en questionnant les pratiques, la notion d’espaces me semble plus pertinente, en ce qu’elle renvoie à un concept effectivement adaptable à la problématique : celle de réseaux et d’« acteur-réseau » tel que Michel Callon l’a développé[1]. Au cours de mes premières interventions au [laboratoire], j’ai consulté la responsable sur le fonctionnement général du laboratoire pour dégager une vue d’ensemble des « partenaires » du laboratoire. Ainsi s’est précisé un réseau que je peux organiser entre l’amont (l’UMR, les universités, le CNRS…) et l’aval (les utilisateurs des services du laboratoire (...) ) A ces différentes catégories d’acteurs correspondent des espaces matériels (centres de recherches) ou immatériels (institutionnels) qui constituent une périphérie du laboratoire étudié, placé au centre du réseau.

 

Lier cette situation à l’idée de résonance (ou à une quantité de termes qui s’en approchent[2]) est alors tout indiqué.

 

3- Résonances, transduction et interdisciplinarité

 

J’entendrais le terme, plutôt que le concept, de résonance en tant que relation ou d’interrelation. Sans plonger ici dans les approches théoriques inhérentes à ma problématique, je souligne, dans l’enquête au [laboratoire], la mise en circulation d’un « fait chimique » à travers différents contextes : c’est la relation entre différentes entités (administrations universitaires, acteurs du [labo], archéologues et autres utilisateurs des services du laboratoire) qui, selon moi, donne son sens au « fait chimique ».

 

Quelques recherches Internet ont confirmé le fait prévisible que le terme « résonance », lorsqu’il est employé par des anthropologues, des sociologues ou des philosophes n’est pas entendu comme un concept ou un outil pour ces disciplines. On parlera donc de façon commune d’un texte ou d’un auteur qui entre en résonance avec un autre, d’un phénomène qui agit comme une caisse de résonance (l’amplification d’une situation sociale par un facteur particulier, une fête de village qui exacerbe les passions familiales ou sociales, par exemple). Cependant, Bernard Stiegler, citant Gilbert Simondon, indique : « “L’être technique évolue par convergence et adaptation à soi ; il s’unifie intérieurement selon un principe de résonance interne.” Cette unification par résonance interne est un cas particulier de relation transductive, dont Du mode d’existence des objets techniques... [G. Simondon, 1989, Aubier] n’explicite pas le concept. Transduction signifie : relation dynamique qui constitue les termes mis en relation (les termes n’existent pas hors de la relation, et l’un ne peut donc pas précéder l’autre). »[3] Cette considération théorique, abordant la notion de transduction, me permets de confirmer qu’effectivement, toute la vie du laboratoire n’existe qu’en relation directe avec ses utilisateurs ; les commanditaires de services déterminent absolument son activité (l’analyse par le radiocarbone des échantillons).

 

Un autre type de résonance, voire de transduction s’applique à une recherche en socio-anthropologie des sciences et des techniques que je qualifierais d’interdisciplinaire. Un certain nombre d’écoles (Strong Program, EPOR, PAREX, Nouvelles sociologies des sciences, etc.) de domaines (santé, intelligence artificielle, logique, musicologie) et de disciplines (sociologie, psychologie, histoire, anthropologie[4]) se sont historiquement constituées, depuis les « classiques » de l’épistémologie à la « guerre des sciences », vifs débats qui opposent actuellement, pour schématiser, les tenants du rationalisme et les défenseurs du relativisme…

 

Conclusion

 

Ironie chafouine, la notion de résonance, selon moi étrangère aux sciences humaines, est un concept attaché au domaine qui m’occupe, celui des sciences dures. Associée à la physique et l’acoustique, la résonance correspond à une « excitation sinusoïdale particulièrement amplifiée au voisinage de la fréquence propre d’un système, lui-même réactif à des oscillations qui lui sont propres. (…) Sommairement, on peut dire que le système réagit d'autant plus facilement qu'on lui fournit de l'énergie à une fréquence proche de sa fréquence naturelle »[5] Cette définition ne saurait nous aider à établir la résonance comme un « outil pour l’anthropologie », que notre groupe s’est proposé d’interroger en ces termes. Reste que je trouve l’expression séduisante puisqu’elle peut susciter des réflexions, être interrogée et utilisée par l’anthropologie.



[1] Callon M. (dir.), 1988, La science et ses réseaux, genèse et circulation des faits scientifiques, La Découverte, Conseil de l’Europe, UNESCO, Paris.

[2] Nous pourrions aussi bien utiliser les termes d’un champ sémantique étendu autour du terme « résonance » : relation, causalités, ampleur, harmonie, écho, retentissement, réverbération, conjonction, transduction…

[3] Stiegler B., 1994, « Temps et individuation technique, psychique et collective dans l’œuvre de Simondon » En ligne : http://multitudes.samizdat.net/Temps-et-individuation-technique.html#nh5

 

[4] Un très court article du SHADYC (EHESS) fait un état des lieux de la variété des recherches actuelles ; SHADYC, avril 2006, « Sciences sociales et sciences de la vie : savoirs et techniques ». En ligne : http://shadyc.ehess.fr/document.php?id=135

[5] Adapté de l’encyclopédie en ligne Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sonance

 

 

                    22:51                                             Publié dans                                                    La socio-anthropologie des sciences et des techniq                                                      |                                         Lien permanent                                         | Commentaires (12)                                                             | Trackbacks (0)                     | Envoyer cette note

 

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Commentaires

 

Qu'est que la résonance vient faire en ce sonar ?

Ecrit par : Le garde-mots | 29 mai 2006

 

Sonar ? quel sonar ?

A partir de demain, le terme "résonance" sera entré dans le vocabulaire des anthropologues (de l'infini et au-delà !!)

Ecrit par : Dolgo | 29 mai 2006

 

"résonance" ... c'est un mot que j'affectionne
Mais je ne l'avais jamais entendu dans ce sens ...

Honnêtement, j'ai lu ton article deux fois ... j'en ai saisi la substantifique moelle, mais je m'autoriserais d'autres lectures pour avoir un avis pertinent ;)

S'agit il d'une espèce de prologue à ta thèse ? ou d'un genre de "bande annonce" ?

Ecrit par : pkdille | 30 mai 2006

 

Eh bien pkdille ! (décidément, je préférais ****n* !!) Quel honneur d'être ainsi lu en détail !

De quelle résonance parles-tu ?!! J'en donne la "vraie" définition en conclusion... mais ne l'entendais-tu pas par "relation, causalités, ampleur, harmonie, écho, retentissement, réverbération, conjonction, transduction…" ?

Mon article n'a rien de bien scientifique (version anthropo), c'est pas mal de l'esbrouffe un poil honnête rédigée en quelques heures...

Ce n'est en rien un prologue à ma thèse; plutôt un exercice de coordination de mon boulot actuel à ce terme de résonance.

Et là, je viens de passer la journée à écouter mes charmant(e)s collègues raconter leurs terrains et recherches en les liant à cette idée résonante... Ce fut agréable... mais STOP! mes neurones ont besoin de bière et de musique !

Ecrit par : Dolgo | 30 mai 2006

 

"Qu'est que la résonance vient faire en ce sonar ?", c'était une manière de te dire que je n'étais pas tombé dans ton piège pseudo-scientifique. La preuve est ici:
http://legardemots.tooblog.fr/?2005/10/29/412-anagramme

Ecrit par : Le garde-mots | 03 juin 2006

 

Point de piège n'y ai-je pourtant posé !

Ecrit par : Dolgo | 03 juin 2006

 

C'est interessant (malgré l'artificialité revendiquée des thèmes réunis ici), j'aurais aimé être à ce colloque entendre un peu tout ça de vive voix.
J'aurais aimé en savoir un peu plus sur ton travail effectif, et tes véritables préocupations (hors résonnance), ou intérêts dans cette recherche
Et d'abord, et c'est la question qui nous sort peut-être un peu de la science mais nous plonge dans l'humain (même scientifique):
pourquoi une socio-anthropologie d'un laboratoire?
Ou pourquoi un tel domaine de recherche?
Ou quelle est le petite bête qui t'as piqué?
Ou pourquoi pas des sauvages à plumes ou à poils, à la langue barbare (pléo...), et aux us fatigants, mais si plein d'un exotisme sexy?

Avant de demander, peux-tu proposer un billet sur ta recherche, ou faudra-t-il (et Sainte Mère de Dieu je le comprendrais) attendre le mois de septembre?

Bon, j'ai commencé un Blog, mais je pense que le début n'est pas dans le ton récurent... oups, ça m'a échappé.
Puis-je t'inviter à y jeter un oeil?

Ecrit par : Fabien | 17 juin 2006

 

Certes ! avec joie ! Tu aurais même pû donner une URL.
Et pour le reste, je te répondrai demain. Il est saoul et je suis tard, je suis très tard.

Ecrit par : Dolgo | 17 juin 2006

 

c'est que je n'ai pas idée... vois-tu celle que re rentre hors-texte?
Dans le doute http://naarjuk.hautetfort.com

y a la même sur blogspot, j'avis essayé les deux, blogspot est beau, mais moi et l'html, il me faudrait peut-être un mois de travail pour comprendre ça.
Et quand tu seras tôt, et qu'il sera sobre, qulques explications sur ce mystérieux intérêt...

Ecrit par : Fabien | 17 juin 2006

 

Autant pour moi. Ton article, c'est du sérieux. Tu conviendras que ton point de vue est inattendu, voire révolutionnaire.

Ecrit par : Le garde-mots | 17 juin 2006

 

Me voilà flatté ! Mais je me permets de critiquer trois de tes termes (de façon terriblement constructive):

1- "sérieux" : presque ! Ca ne m'a pas pris beaucoup de ressources d'écrire cet article (que je vais devoir développer); tout au plus cinq heures...
2- "inattendu" : certes ! Mais je n'avais aps le choix puisque c'était la règle du jeu.
3- "Révolutionnaire" : - ) quand même pas !!! En anthropologie, les écrits prennent vite cette forme disons renouvellée, révolutionnaire est peut être un peu fort.

Quoi qu'il en soit, merci!

Ecrit par : Dolgo | 17 juin 2006

 

Me voilà flatté ! Mais je me permets de critiquer trois de tes termes (de façon terriblement constructive):

1- "sérieux" : presque ! Ca ne m'a pas pris beaucoup de ressources d'écrire cet article (que je vais devoir développer); tout au plus cinq heures...
2- "inattendu" : certes ! Mais je n'avais pas le choix puisque c'était la règle du jeu.
3- "Révolutionnaire" : - ) quand même pas !!! En anthropologie, les écrits prennent vite cette forme disons renouvelée, révolutionnaire est peut être un peu fort.

Quoi qu'il en soit, merci!

Ecrit par : Dolgo | 18 juin 2006

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02 octobre 2006

Commençons par conclure.

Puisque j'ai la ferme intention d'alimenter ce blog au gré de mes recherches à venir et dans un flou artistique, je puis me permettre de placer une conclusion avant le reste.

don_french_savPc190317

Celle de mon mémoire de DEA a été :

"Proposer la déconstruction d’une activité scientifique pour la comprendre et déconstruire les moyens pour y parvenir devaient être les ambitions de cet essai ethnographique, que je vois comme une écriture possible de cultures, scientifique et anthropologique, qu’il s’agit de ne pas isoler l’une de l’autre."

Digeste, non ?

Posté par Dolgo à 00:47 - _Articles SAST - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2006

Anagramme

Hooligan porte
Hooligan pet or
Horloge nota pi
Horloge taon pi
Peloton haro gi
Poignet halo or
Poignet hola or
Portion hale go
Potiron hale go
Gloire photo an
Harpie logo ton
Harpie loto ong
Harpon toile go
Harpon toge loi
Harpon tole goi
Legion haro pot
Lotion harpe go
Lotion phare go
Option halo erg
Option halo gre
Option haro gel
Option hola erg
Option hola gre
Orange polo hit
Organe polo hit
Origan photo le
Origan polo the
Parole thon goi
Pigeon halo rot
Pigeon haro lot
Pigeon hola rot
Pilote haro ong
Piolet haro ong
Poigne halo rot
Poigne haro lot
Poigne hola rot
Potier halo ong
Potier hola ong
Potion halo erg
Potion halo gre
Potion haro gel
Potion hola erg
Potion hola gre
Proton hale goi
Region photo la
Region halo pot
Region hola pot
Rigole photo an
Aneth logo or pi
Aneth poil go or
Aneth polo gi or
Angle photo roi
Aphte lion go or
Aphte logo noir
Aphte loi ong or
Ergot halo pion
Ergot hola pion
Etron halo go pi
Etron hola go pi
Galon hote or pi
Galop honte roi
Galop hote noir
Grain hote polo
Groin hate polo
Haine logo port
Halte pion go or
Harpe igloo ton
Harpe loi ton go
Heron polio tag
Heron alto go pi
Heron ail pot go
Heron goi pot la
Honte polar goi
Honte goal or pi
Honte logo pair
Honte logo pari
Honte go la or pi
Hotel paroi ong
Hotel pain go or
Hotel paon gi or
Hotel goi pan or
Hotel pan roi go
Hotel an go or pi
Igloo phare ton
Igloo rape thon
Igloo pan the or
Lagon hote or pi
Lange photo roi
Lapin hote go or
Lapon hote gi or
Lapon goi the or
Lapon roi the go
Longe photo air
Lopin haro toge
Lopin hate go or
Ongle photo air
Opale thon gi or
Opale hit ong or
Orage photo lin

Saurez-vous trouver le mot ainsi anagrammé ?

[Fait avec ce générateur.]

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